Deuil

Mon deuxième papa est mort hier. Le bon, pas le contrôlant-manipulateur-alcoolique violent à qui je n'avais plus parlé depuis 25 ans quand il est mort. Non. Le bon. Celui chez qui je me faisais garder (beaucoup) quand j'étais petite, celui qui aimait tant ses vaches, ses chevaux, ses chiens, ses chats.

Il ne me reconnaissait plus depuis plusieurs années. À la fin je crois bien qu'il ne reconnaissait que sa femme, et il avait des incapacités sévères. Alors c'est mieux comme ça, tout le monde le sait, tout le monde le pense. Mais. 

Ça me fait quand même une peine infinie. Ma journée est déglinguée, chaque pensée tend vers le bas, vers le négatifissime. 

Je passe souvent à côté des choses. Des relations, surtout. Je comprends en retard, je ressens parfois confusément, je ne vois pas les bras ouverts, les mains tendues. N'empêche que si vous me demandez à quel point j'aimais cet homme, je peux répondre: assez pour donner, il y a presque dix ans, son prénom à mon bébé garçon.

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