En 2025, vrac

 

J’ai été au Québec trois fois. En avion, en autobus, en train. Je suis déménagée, avec les enfants et les chats et les caisses de livres, de l’Alberta à une petite maison où rien n’est à niveau, en promettant aux chats de ne plus leur faire revivre un voyage en soute. J’ai quitté un homme et j’ai effacé toutes les photos de lui, sans regret. J’ai eu sur la tête moins de cheveux blancs après le déménagement qu’avant (la paix, ça veut mieux que la teinture). J’ai lu environ 140 livres, dont beaucoup étaient numériques et empruntés à la bibliothèque. J’ai enfin trouvé des bacs à litière en inox (on a les désirs qu’on a, ok là) et enfin sorti mes livres de leurs boîtes, après plus de deux ans et demi. Je me suis baignée souvent dans une rivière, et quelques fois dans des piscines. J’ai beaucoup marché. Je me suis faite envoyer chier par mon beau-père; je pourrais dire que ça venait d’années d’accumulation, mais le déclencheur a été que je ne tolère plus l’imbécilité des gens qui croient que plusieurs femmes accusent un homme de viol… pour avoir un bout de son argent. En 2025, j’ai consommé les produits de cannabis légaux d’une quatrième province. J’ai trop mangé. J’ai envoyé un manuscrit à une maison d’édition, puis j’ai pris peur et je n’ai plus agi, vu de l’extérieur (mais j’écris; j’ai même fait revivre le monde du vieux bandit!). J’ai continué mes leçons d’espagnol au quotidien, ce qui fait que n’en déplaise à ceux qui croient que les applis de langues ne valent pas dla marde (pauvre eux, j’ai appris l’anglais avec un dictionnaire et des livrets de cassettes audio!), j’ai un vocabulaire de 5000 mots en espagnol, et je commence à vraiment comprendre ce que j’entends ou lis. J’ai fait un jardin, mais tout a mal été, du départ trop tardif à la sécheresse en passant par un sol pourri; je remettrai ça l’été prochain (jamais profité d’une zone de jardinage aussi chaude!). Je me suis fait servir un plat à la viande pour mon cinquantième anniversaire (yark). J’ai compris certaines affaires (beaucoup, mais il en reste à l’infini). J’ai commencé un célibat exquis, choisi, et sans date de péremption. J’ai continué d’apprendre, en étant souvent corrigée par mon ado qui me dit que je ne vieillis pas mal. 

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